Programme

25e édition du festival de la correspondance, du 6 au 10 juillet 2021 sur le thème « Révolutions ».
Dans le respect des règles sanitaires.

Vendredi 9 juillet

RENCONTRE LITTÉRAIRE



animée par Catherine Pont-Humbert
avec le soutien du Centre National des Lettres

 

avec Laura Spinney 

pour La Grande tueuse, comment la grippe espagnole a changé le monde,
Albin Michel, 2018

Comment un virus H1N1, dont la source et le nom demeurent troubles, a-t-il pu faire plus de ravages encore que la Peste noire du XIVe siècle ? À l’heure du 100e anniversaire de la pandémie de grippe espagnole, et alors que nous sommes à nouveau confrontés à de violentes épidémies – Ebola, SIDA, ZIKA –, Laura Spinney ravive la mémoire collective de cet événement inouï et adopte une approche narrative pour le restituer dans toute sa complexité. 

Elle revient aux origines de la maladie, étudie sa composition et ses particularités génétiques, reconstitue étape par étape le déroulement de la catastrophe au fil de tragédies individuelles poignantes, révèle la surprenante virulence, l’extrême étendue et la foudroyante rapidité de l’infection, et considère son impact non seulement sur les sociétés de l’époque, mais aussi sur la naissance des futures politiques de santé. 

Cette enquête écrite avant covid nous interpelle tout particulièrement.

Laura Spinney est journaliste scientifique et écrivain. Son récit du plus grand massacre du 20ème siècle, La Grande Tueuse: comment la grippe espagnole a changé le monde – a été publié en anglais en 2017, en français en 2018, et dans une vingtaine de langues depuis

 

 

rencontre littéraire



animée par Catherine Pont-Humbert
avec le soutien du Centre National des Lettres

La Drôme dans la Révolution

avec Annie Duprat 

pour la correspondance de Rosalie Jullien, originaire de Romans sur Isère 

 

et Nicolas Soulas 

pour la correspondance des frères Payan, originaires de Saint Paul-Trois-Châteaux 

Les lettres manuscrites de Rosalie Jullien ont été écrites entre 1775 et 1810. Elles sont actuellement déposées aux Archives nationales. Il y a des archives Jullien aux archives municipales de Romans mais également dans d'autres lieux dont Moscou, la famille Jullien ayant été très investie dans la politique durant la Révolution française. Lors du Bicentenaire en 1989, un groupe d'enseignants de Romans-sur-Isère érudits s'était formé pour transposer sur support informatique et valoriser localement ce fonds (lectures publiques, pièce de théâtre). En 2015 les éditions Belin reçoivent quelques une de ces lettres, qui racontent la vie au jour le jour d'une famille bourgeoise, passionnée par la vie politique de son pays, du Dauphiné à Paris. Le mari de Rosalie Jullien (Marc-Antoine Jullien de la Drôme) a été député à la Convention tandis que son fils était également très engagé, auprès de Robespierre puis de Bonaparte (Marc-Antoine Jullien de Paris). Annie Duprat en a assuré l’édition. 

Quant aux Payan, de Saint-Paul-Trois-Châteaux, ils ont joué un grand rôle pendant la Révolution française, tant au niveau local que national. Les Payan sont proches des Jullien. Au début de la Révolution, Saint-Paul-Trois-Châteaux est le théâtre d'une violente "réaction" conservatrice - sinon contre-révolutionnaire -, en lien avec le Comtat et d'autres foyers d'opposition. Après avoir conquis la municipalité (1790-1791), les patriotes perdent l'élection municipale de novembre 1791. Alors que les conservateurs tiennent la ville et multiplient provocations et vexations, les patriotes organisent la résistance, en multipliant les stratégies jusqu'au coup de force des 1er et 2 avril qui renverse la municipalité conservatrice. 

La correspondance privée des Payan permet de comprendre le rôle qu'ils jouent en organisant la résistance et apporte un éclairage inédit sur l'élaboration des stratégies et de l'évolution des relations sociales en Révolution. 

 

Annie Duprat est professeure des Universités (émérite) en histoire moderne, spécialiste de l'iconographie politique, de la propagande et de la Révolution française. 

Professeur agrégé, Nicolas Soulas a soutenu à Avignon en 2017 une thèse d’histoire moderne intitulée Pouvoir(s), conflits et recompositions sociopolitiques. L’exemple du couloir rhodanien (1750-1820) sous la direction de Stéphane Durand. Ses travaux actuels portent sur l’évolution des cultures politiques dans un long XVIIIe siècle et l’adaptation des groupes sociaux au processus révolutionnaire. A ce titre, il achève la rédaction d'un ouvrage prenant comme champ d'observation la famille Payan, originaire de Saint-Paul-Trois-Châteaux. 

rencontre littéraire



animée par Catherine Pont-Humbert
avec le soutien du Centre National des Lettres

avec Pierre Gaudin et Aude Garnier 

pour Créaphis Editions 

Créaphis éditions développe un programme de publications en histoire et sciences humaines et sociales ; édite des livres de création en art et photographie et, dans une moindre mesure, des livres de littérature d’essais et de poésie. Dans son approche à la fois généraliste et spécialisée (notamment dans le champ des études des luttes et des mouvements sociaux ; des migrations ; des études urbaines et des études visuelles) Créaphis cherche à établir des correspondances interdisciplinaires.

 

Pierre Gaudin est historien et ethnologue de formation, co-fondateur de la maison d’éditions Créaphis (depuis 1982). Enseignant-chercheur à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Versailles de 2004 à 2020 pour un enseignement en sciences humaines (licence et master). 

Jeux littéraires



La Révolution, un rêve – évolution ?

avec Thierry Caquais

Pour oser une révolution, il ne faut pas manquer d'air. Et pour créer une évolution, il faut être inspiré… Une évolution serait-elle une révolution sans en avoir l'R ? Ou serions-nous passé des sans-culottes aux sans culot ? Des soulèvements historiques aux chamboulements technologiques, des convulsions sociales aux insurrections artistiques, dans une fausse conférence qui essaiera de ne pas tourner en rond, mais qui aimerait bien vous faire perdre la tête, venez rêver révolutions, répondre à quelques questions et rire ou sourire sans prétention !
Amusement accessible à tous.

 

lecture rencontre



animée par Julia de Gasquet

Lettres intimes : la collection dévoilée d’Anne-Marie Springer Rencontre-Lecture autour des [Ré]volutions dans la collection de lettres manuscrites d’Anne-Marie Springer

avec Anne Marie Springer 

et Marianne Denicourt 

En 1994, à la naissance de sa fille Zoé, Anne-Marie Springer décide de faire à cet enfant nouveau-né un cadeau profondément humain et hors du commun : une lettre d’amour de Juliette Drouet à Victor Hugo. Débute alors une collection unique de plus de deux mille lettres intimes, écrites par près de deux cent soixante personnages illustres. Cet héritage d’amour qu’Anne-Marie Springer partage avec le public à travers ses livres, ses conférences, les visites privées de sa collection en Suisse et ses prêts muséaux, fera une halte au festival de la Correspondance 2021. Quel geste fondateur et quel rapport au sensible cette collection révèle-t-elle ? Comment le mot [R]évolutions fait-il sens au cœur de la collection ? Les lectures de lettres issues de la collection et d’auteurs aussi variés qu’Arletty, Mesrine, Lucile Desmoulins ou encore Liane de Pougy apporteront un éclairage sur ce que ce mot signifie à travers les moments de l’histoire, les lieux, et au cœur de vies humaines qui en connaissent le prix.

le grain de la voix : lecture



avec le soutien de la Fondation d’Entreprise La Poste

 

« Les affaires d’État sont mes affaires de cœur ». Lettres de Rosalie Jullien, une femme dans la Révolution, 1775-1810.

avec Ariane Ascaride 

adaptation Marion Bernède

Publiée par Annie Duprat en 2016, cette correspondance dormait dans les archives de Romans-sur-Isère et était inconnue du grand public. 

Rosalie Ducrollay (1745-1824), épouse du député de la Drôme à la Convention nationale, Marc Antoine Jullien, et mère d’un jeune agent du Comité de salut public, apporte un témoignage extrêmement précieux sur les épisodes révolutionnaires parisiens et sur la perception que pouvait en avoir une femme cultivée, appartenant à une famille de la bourgeoisie éclairée et politiquement engagée. 

Les lettres publiées sont adressées pour l’essentiel au proche entourage de Rosalie, essentiellement à son mari et à ses deux fils. À travers sa correspondance, Rosalie Jullien se révèle d’abord une observatrice avertie de l’effervescence politique parisienne dont elle rend fidèlement compte à son mari, puis à son fils aîné. Elle recueille souvent elle-même de visu les informations qu’elle transmet à ses correspondants, dans la rue, aux Tuileries, dans les tribunes de l’Assemblée nationale, qu’elle fréquente avec assiduité, ou au Tribunal révolutionnaire. Elle les tire aussi des journaux dont elle est une lectrice insatiable, ou se les procure auprès de personnes proches. Les récits très vivants qu’elle donne de la vie à Paris, depuis les débuts de la Révolution jusqu’à la chute de Robespierre, représentent certainement l’apport le plus intéressant de ses lettres, d’autant plus qu’ils s’accompagnent souvent de remarques d’ordre plus personnel sur l’évolution de la situation et sur les acteurs de la Révolution. Sous ses différents habits de témoin engagé, d’observatrice et de commentatrice de l’actualité, de moraliste et de pédagogue, Rosalie Jullien apparaît comme une femme curieuse, active et passionnée de politique.

lecture spectacle



avec le soutien de la Fondation d’Entreprise La Poste

 

Olympe de Gouges « Choisissez : la boîte à Pandore est ouverte. »

Lettres pour la Nation, 1788 – 1793

avec Amira Casar 

mise en voix Victoria Sitja 

adaptation Virginie Berling

Arrêtée le 20 juillet 1793, Olympe de Gouges est condamnée à mort. Le 3 novembre, âgée de 45 ans, la citoyenne Marie Gouze, dite Olympe de Gouges, périt sur l’échafaud pour avoir publié des écrits jugés antirévolutionnaires. 

Que nous livrent les manuscrits saisis au domicile d’Olympe de Gouges lors de son arrestation ? Des appels à la paix, mais aussi des propositions de réformes. 

Si Olympe de Gouges supplie le peuple de ne pas tomber dans l’horreur de la guerre civile, elle enjoint chacun à prendre ses responsabilités : le roi, le duc d’Orléans en exil, Marie-Antoinette en résidence surveillée aux Tuileries, le Tribunal révolutionnaire qui la juge. « Amie de tous ses concitoyens », elle exhorte en particulier les femmes à prendre leur destin en main. Face aux dérives atroces du nouveau régime, elle prophétise le retournement de l’opinion publique et la chute de Robespierre. 

Son ennemi : l’arbitraire. Sa force : ses convictions. Son arme : le cri de sa plume.

Le Festival de la Correspondance remercie l'ensemble de ses partenaires institutionnels et ses soutiens :
Le Festival de la Correspondance remercie l'ensemble de ses partenaires institutionnels et ses soutiens.

Retrouvez les anciennes programmations du festival de la correspondance de Grignan ci-dessous et dans notre rubrique archive.

Retour en haut